« Aujourd’hui on peut être plus optimistes, il y a une vraie fenêtre de travail »

Acteurs d’un mouvement responsable de supporters, Pierre Barthélemy (avocat de plusieurs associations de supporters), James (porte-parole de l’Association Nationale des Supporters) et Ronan Evain (coordinateur du programme « FSE – Fans’ Embassies » chargé d’accueillir les supporters à l’Euro-2016) ont répondu aux questions sur la condition des supporters en France. Ils décrivent une situation où on est passé du pire à un espoir raisonnable.


 

La saison dernière a été celle du record du nombre d’interdictions de déplacements décidées par les préfets. Comment cela s’est-il concrétisé ?  

James (ANS)

« Au quotidien ce qui nous plus posé de problèmes, c’est qu’il y a des préfets, certains Directeurs de la Sécurité Publique et même des membres de la DNLH qui jugeaient qu’ils étaient en capacité, que c’était leur prérogative de gérer la situation. Mais on s’est rendu compte aussi qu’il y avait une volonté de la direction de la DNLH d’entraver ces discussions préalables. On a pu constater, au sein de notre association, dans divers cas et clubs que quelquefois il y avait des choses  mises en place mais qui étaient empêchées. »

Pierre Barthélemy

« Il y a deux exemples qui illustrent bien les choses. Celui qui a le mieux marché c’est à Rennes à deux reprises, avec les Parisiens et avec les Nantais. Les services préfectoraux d’Ille-et-Vilaine ont dit à la DNLH : « merci pour vos rapports et vos recommandations, mais nous assumons les responsabilités locales, donc nous nous organisons ». Il se trouve que ce préfet est devenu directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve. Il a été suivi par une partie de son équipe. Donc ils sont en amont de la DNLH. On peut donc penser qu’au ministère de l’Intérieur, il existe une certaine volonté au moins de valoriser ce type d’attitude d’ouverture au dialogue.

Le second exemple est à Troyes, où Madame la Préfète semble avoir très peur des supporters et recourt souvent à des arrêtés caricaturaux. Pour la venue du Paris SG, il y avait des discussions avancées entre la Préfecture et les supporters. Un accord était sur le point d’être trouvé et c’est là que, subitement, le Paris SG publie un brouillon d’arrêté interdisant le déplacement. Nul ne sait qui a transmis ce brouillon au Paris SG. La préfecture a indiqué n’avoir communiqué un brouillon d’arrêté à la DNLH avant l’ouverture du dialogue avec les supporters. Par conséquent, la préfecture a dit aux supporters que cet arrêté étant sorti, elle devait mettre fin aux discussions et interdire le déplacement.

Il semble y avoir deux situations : celles où la Préfecture locale prend ses responsabilités et celles où elle subit des interventions extérieures.

On nous a aussi indiqué, au niveau local, que des télégrammes sont envoyés des services centraux aux services déconcentrés sur le thème : « ne dialoguez surtout pas à l’Association Nationale des Supporters, ils font croire qu’ils veulent dialoguer et qu’ils sont gentils mais ils cachant des gens  qui troublent l’ordre public ». C’est sidérant. »

Quels ont été les obstacles que vous  rencontrez dans le dialogue et la reconnaissance et qui les met en place ?

James (ANS)

« Sur le terrain les forces de l’ordre qui gèrent les supporter ont le même discours que nous. Pour tout dire, dès que vous fermez les portes, en off,  pratiquement tout le monde a le même discours. C’est là où c’est incroyable. Comment, alors que pratiquement tout le monde est d’accord sur au moins ce qu’il ne faut pas faire et à peu près sur ce qu’il y a à faire, on arrive à avoir quelques personnes qui influent autant sur les orientations ?

Pierre Barthélemy

Il y a eu un important virage en mars. Avant l’Euro et avant la loi du 10 mai 2016, on avait le sentiment que DNLH faisait ce qu’elle voulait, sans réel contrôle de son action. C’était complètement opaque (comme le refus de publier ses rapports d’activité ou ses chiffres). La DNLH adoptait un discours de fermeture. On a eu de nombreux retours comme quoi, selon la DNLH, l’ANS ne voudrait pas dialoguer, hébergerait des gens violents, beaucoup de choses comme ça et que par conséquent il ne fallait pas dialoguer avec elle mais la priver de toute légitimité en l’isolant

Le travail de lobby autour de la loi du 10 mai 2016 (texte qui s’est finalement retourné contre les détracteurs des supporters) a permis aux supporters de travailler avec les parlementaires, les médias, avec tout le monde. Ces parties prenantes se sont rendu compte qu’en réalité les supporters ont un discours structuré et réfléchi, qu’ils ne sont pas là pour des revendications bêtes et méchantes.

Tous ont compris que le credo des supporters est simple : « nous voulons simplement nous assoir à la même table que les autres protagonistes pour voir comment on peut construire quelque chose, comment on peut élaborer un cadre parce que aujourd’hui l’absence de cadre est la principale source de problèmes ».

Corrélativement, cela a renvoyé la DNLH à ses contradictions et a braqué les regards sur son action. Beaucoup ont réalisé qu’on ne la contrôlait pas vraiment depuis sept ans et se sont demandés pourquoi tout est désormais aussi opaque et pourquoi rien de tout cela ne marche réellement.

Cela a été un bon point sachant qu’au départ l’article 1er du texte dit « Larrivé », c’est une satisfaction du Paris SG sur la possibilité pour un club d’exclure et de ficher les supporters qu’il décide seul de qualifier de personnes susceptibles de troubler le bon déroulement d’une rencontre. L’article 2 de ce texte est l’augmentation de la durée des interdictions administratives de stade à 2 ans pour s’abstraire du recours à la justice et écarter sans procès des supporters loin des stades.

Cette initiative législative est finalement devenue la porte d’entrée des supporters, pour la première fois, au Parlement. L’ANS a pu sensibiliser des parlementaires de tous les bords. Le texte final de l’article 1er a été globalement vidé de sa substance, Bien au contraire, le nouveau texte met des bâtons dans les roues à ceux qui s’opposent aux supporters. L’initiative de Monsieur Larrivé, loin d’affaiblir les renards, les a fait entrer dans le poulailler.

Le prétexte de la loi était l’imminence de l’Euro. Outre que ce texte n’emportait aucune conséquence nouvelle sur l’Euro, cette compétition a permis d’accélérer le mouvement. Des parlementaires ont indiqué à l’ANS que le travail qu’elle a réalisée lors des débats parlementaires, les mémos qu’elle a rédigés, les rencontres qu’elle a menées ont impressionné par leur sérieux et leur qualité. Depuis lors, les parlementaires considèrent les supporters comme des acteurs vraiment crédibles et leur disent être demandeurs d’un dialogue plus récurrent. On est passé d’une situation où les supporters frappaient en vain à toutes les portes à une situation où c’est parfois à la porte des supporters que ces interlocuteurs viennent frapper. Auparavant, il y avait des réunions forcées où on faisait semblant de dire : «on a reçu les supporters » sans vraiment les écouter et en fermant la porte à double retour en repartant.

C’est vraiment cet épisode législatif qui a inversé la tendance et qui a eu un écho médiatique considérable, au-delà du monde du sport.

James (ANS)

Encore aujourd’hui on a quand même beaucoup de difficultés,  il y a toujours une vraie volonté de nous décrédibiliser. Mais là où cela a été paradoxal pour les représentants de supporters c’est qu’on a tellement cherché à nous décrédibiliser en nous faisant passer pour des ignares incapables  de faire des proposition,  demandeurs de choses complètement folles, que finalement quand on s’est retrouvés à avoir des discussions avec des instances parlementaires ou autres,  la surprise a joué pour nous.

Pierre Barthélemy

A l’origine le DNLH racontait à tout le monde que l’ANS mettait en avant des marionnettes avec un habillage sérieux mais que derrière il y avait une horde de personnes peu recommandables. Tous se sont rendu compte que ce n’était pas du tout ça. »

Quel va être l’impact de la Loi Larrivé sur les supporters ?

Pierre Barthélemy

« La loi du 10 mai 2016, dans le texte soumis initialement par le député Guillaume Larrivé constituait un nouvel accroissement des moyens de répression contre les supporters. L’objectif est de marginaliser le juge pour permettre aux Préfectures ou aux clubs d’éloigner durablement des stades et sans procès des supporters qui seraient prétendument susceptibles de troubler le bon déroulement des rencontres.

Heureusement, la modification profonde du texte de loi durant les débats a permis d’inverser la tendance. Elle consacre in fine une amélioration de la situation des supporters et confirme une tendance nouvellement majoritaire prônant le dialogue et la responsabilisation intelligente des supporters. Il y a tout un ensemble de choses.

En cela cette loi est à la fois une conséquence des évolutions récentes et un accélérateur. Mais il faudra faire attention lors de sa mise en œuvre afin qu’elle ne devienne pas une coquille vide.A mon sens, la structuration des supporters est fondatrice. L’ANS a petit à petit convaincu ses interlocuteurs de son sérieux et achevé de gagner en crédibilité dans le lobby mené autour de la loi du 10 mai 2016.

En parallèle, il y a eu un changement de gouvernance à la Ligue avec un passage de  personnels administratifs comme Jean Pierre Hugues, ancien préfet, qui étaient très fermés à ces questions, à, aujourd’hui, des acteurs beaucoup plus pro business. Ils ont une volonté sincère de se rapprocher des supporters, mais ils ont surtout compris que pour rendre plus attractive la Ligue 1 il faut une bonne relation avec les supporters. Les études menées par la LFP ont démontré que le spectacle en tribune est l’une des motivations majeures pour se rendre au stade. A la télévision, les images colorées et dynamiques des tribunes participent au rendu de l’ambiance pour les téléspectateurs.

Il y a donc une évolution de ce côté-là. Le fait que l’Euro 2016 a fait travailler la France avec l’association FSE a permis l’infusion de la doctrine FSE auprès des protagonistes et a permis que les supporters soient directement des acteurs de l’évènement. Par ailleurs, en s’enfermant, en pratique, dans le refus du dialogue (malgré un discours de façade plus diplomatique) et dans la critique bête et stigmatisante des supporters, la DNLH s’est isolée : son discours porte moins car devenu trop caricatural. Elle s’est affaiblie elle-même. Ce qui a aussi ouvert des portes.

Dans le même temps, en juillet 2016, le Conseil de l’Europe a publié une nouvelle convention qui a été négociée avec un peu tous les acteurs et qui a été signée en France, qui est portée par la France et qui consacre le dialogue bien plus précisément que la précédente Convention de 1985.

Toute cette convergence d’énergie, de bonne volonté et d’événement a transformé une situation excessivement fermée en une situation un peu inverse. On est allé tellement loin dans la fermeture que la porte s’est rapidement rouverte par effet boomerang. On a aujourd’hui cette fenêtre qui est déterminante parce que de tous côtés il y a des ouvertures. »

L’Euro a-t-il  été bénéfique pour la situation des supporters français ?

James (ANS)

De toute façon la situation était tellement critique qu’il ne pouvait y avoir que des améliorations pour les supporters sur le terrain.  Il faut quand même préciser qu’il y a beaucoup de flou. Ces derniers temps il y a eu une sensibilisation qui s’est accélérée notamment au niveau médiatique et politique. La sensibilisation existait sur le fait qu’il fallait instaurer du dialogue et arrêter cette politique répressive.  La problématique était qu’en France il y avait  la capacité de très peu de personnes convaincues de bloquer toute initiative.

Le travail commence à être fait. Les supporters se sont structurés, les instances, médiatiquement il y a eu une prise de conscience…

Pierre Barthélemy 

un retournement général des médias en 3 ans…

James (ANS)

Le fait que les médias commencent à regarder de près la situation a fait qu’il y a eu moins d’impunité de la doctrine ultra répressive. Donc plus il y a de pédagogie dans les médias, plus les gens comprennent, cherchent à comprendre et cela devient un cercle vertueux et on bénéficie de cela.

Là où l’Euro a été intéressant, c’est que beaucoup de gens qui étaient en charge de questions liées au football ont été confrontées à leur méconnaissance du supportérisme. Donc il a fallu soit qu’ils aient soit une formation accélérée soit qu’ils assument des positions qui étaient complètement décalées par rapport à la réalité du supportérisme et notamment français.

Quand on constate  les discours et des mesures on a l’impression d’être comme dans des pays où il y a vraiment des gros problèmes.  Alors que dans les faits, en France, le constat n’est pas aussi grave que cela, en tout cas pas ces dernières années. »

Ronan Evain (FSE)

Un effet Euro ? C’est trop tôt pour le dire. Mais l’Euro a servi à une chose. Il y a un certain nombre d’administrations qui n’avaient jamais vu un supporter de leur vie qui ont fait l’effort de les rencontrer parce que c’était l’Euro. Maintenant est ce qu’ils sont capables d’avoir la même approche quand il s’agit des supporters français ?

Quel  va être l’héritage de l’Euro ? Là sur le papier on a un contexte qui est favorable, une loi qui est favorable au dialogue. Des signaux qui sont plutôt au vert pour un héritage positif pour les supporters français, mais cela reste à concrétiser. La loi Larrivé peut permettre soit une avancée historique soit un enterrement de première classe. Et cela ne serait pas la première fois. On peut être optimistes mais …

Globalement, il reste que nous sommes en phase de rattrapage. Parmi les raisons pour lesquelles un pays organise une grande compétition internationale, il y a celle d’en profiter pour moderniser sa police face à un tel évènement. Tout comme repenser les stades etc… Là on a fait des stades sans vraiment penser comment on allait les utiliser. Le seul vraiment bien construit c’est celui de l’Olympique Lyonnais mais avec un plan d’accessibilité assez catastrophique. Et on a conservé les mêmes méthodes de police. Et maintenant, à posteriori, après l’Euro on va peut-être s’interroger sur la doctrine sécuritaire, quelque chose qui aurait dû être fait il y a trois ou quatre ans, par exemple de regarder ce qui se faisait dans les autres pays.

Parce que l’Euro a aussi servi à une chose, c’est à démontrer l’échec de l’approche sécuritaire française. Avant l’Euro on avait, notamment les préfectures, tenté d’interdire à peu près tout et n’importe quoi, les rassemblements sur la voie publique, les matches entre supporters, les marches en direction du stade etc… c’est-à-dire appliquer la même doctrine sécuritaire que pour les matches de championnat. Sauf que la réalité du terrain l’a vite emporté.

Après des gros, gros ratés sur le premier week end  notamment de manière générale les dix premiers jours une approche plus pragmatique a été mise en place qui démontre que des supporters peuvent aller boire un verre avant un match ce n’est pas très grave, que des supporters puissent marcher ensemble pour aller voir un match n’est pas quelque chose d’impossible à sécuriser, d’avoir des supporters mélangés dans un stade avec des drapeaux, c’est gérable.

Cela démontre en tout cas le côté excessif de la doctrine telle qu’elle était appliquée avant l’Euro.

Au niveau des clubs est ce que le basculement que vous évoquez se fait  sentir ?

James (ANS)

Il n’y a pas d’homogénéité. Cela dépend vraiment des clubs et souvent même  des personnes. Je prends l’exemple de l’une de nos associations membres.  Il y a un moment où cela ne se passait pas très bien et puis il y a eu un changement de directeur de la sécurité et c’est devenu presque un modèle aujourd’hui de bonnes relations.

On constate des échanges, des prises d’informations et de discussions entre certains membres de clubs sur ces problématiques, il y a des avancées.

Ronan Evain (FSE)

Il y a eu de manière générale une prise de conscience que la politique sécuritaire menait à un échec commercial pour les clubs. On s’est émerveillés parfois à juste titre devant les stades de l’Euro sauf que le problème c’est que dès que le championnat va reprendre ils seront de nouveau vides. On partage le même constat, les stades sont vides les tribunes visiteurs sont vides mais on ne partage pas les mêmes solutions. Là où là aussi il y a une remise en question et de plus en plus évidente. Reste à voir si cela est suivi d’effets.

James (ANS)

Malheureusement ce qui a manqué c’est la volonté affichée des clubs. De toute façon ils ont deux problématiques. Ils sont entravés les interdictions de déplacements tombent au dernier moment et là ils sont aussi embêtés que les supporters. Et il faut savoir que l’interdiction de déplacement  porte mal son nom.

Cela n’interdit pas à qui que ce soit de se déplacer, en fait cela l’interdit à des supporters actifs. Tout le monde sait que les hooligans et les fauteurs de troubles sont rarement avec des écharpes et des drapeaux et qu’ils sont rarement en train de chanter. Et si vous regardez la manière dont sont construites les interdictions elles concernent le fait de se montrer et de s’exprimer.

Donc en gros vous empêchez tous les supporters actifs, donc la majorité des gens qui veulent aller au stade.  Concrètement quelqu’un qui n’est pas habillé en supporter et qui pourrait être un fauteur de troubles, l’arrêté d’interdiction ne le concerne pas. C’est donc complètement incohérent. Vous luttez contre quoi, le hooliganisme ou la ferveur dans les stades ?  Et les études marketing de la LFP  montrent bien que la plupart  des gens qui vont au stade c’est pour le match  mais aussi pour l’ambiance. »

L’arrivée de Didier Quillot à la Ligue et les velléités d’ouverture affichées par Nasser El Khelaifi au Paris SG vont-elles dans ce sens du renversement de tendance et de politique ?

James (ANS)

« Déjà, Didier Quillot, après sa prise de fonctions et la LFP nous ont reçu…

Pierre Barthélemy

…. Et il a dit tout de suite dans les médias, sans que l’ANS n’intervienne, qu’il voulait construire une nouvelle gouvernance notamment sur les supporters…

James (ANS)

Il y a des volontés qui sont affichées, on essaye de retrouver une situation normale. Cela ne peut pas être pire.  On a quand même atteint des sommets en France avec des mesures d’interdictions administratives judiciaires, on a essayé de donner des prérogatives de l’Etat à des clubs, cela a été très loin.  Les supporters se sont organisés afin de se défendre, où on a établi que l’Etat ou les clubs ne respectaient pas la loi.

Pierre Barthélemy

La vraie bascule médiatique intervient avec les premières condamnations du Paris SG par la justice et les rappels à l’ordre notamment par la CNIL. Consécutivement, il y a un phénomène de crédibilisation des supporters qui lance un cercle vertueux.

James (ANS)

Il n’y a pas d’utopie, les problèmes existent. Mais il est plus facile de construire un autre contexte quand au moins tous les acteurs peuvent donner au moins leur avis.

Pierre Barthélemy

Ce qui est vraiment très important, c’est que pendant très longtemps le discours des supporters était en réaction, souvent en opposition, sur la défensive. La nouvelle conviction des supporters, qui est parfaitement sincère, a été de dire : « nous ne sommes pas là pour subir un timing mais pour participer. Nous n’avons pas de revendications, nous ne sommes pas là pour mettre quiconque sous pression mais pour dire : asseyons-nous à la même table et regardons si nous pouvons avoir des convergences,  faisons tomber les barrières ».  Et tout ce travail-là les a fait tomber. Cela a fait remonter chez tous les acteurs les personnes qui sont convaincues des vertus du dialogue avec les supporters et qui étaient un peu en sourdine parce que soi-disant les supporters étaient trop radicaux. Maintenant, un peu partout, ceux qui sont pro dialogue prennent des initiatives et les plus radicaux (notamment chez les supporters sont mis en minorité). Il n’y a plus de mur.

Aujourd’hui on peut être plus optimistes, il y a une vraie fenêtre de travail, il n’y a plus un seul blocage absolu, nulle part. »