LOSC: MICHEL SEYDOUX, POMPIER PYROMANE

En désignant  Gérard Lopez  (un peu) et  Marcelo Bielsa  (beaucoup) comme étant à l’origine du « chaos » au LOSC après les incidents samedi soir à Lille, Michel Seydoux tente de faire oublier qu’il est lui même le responsable numéro 1 de la situation.  Mis dans l’obligation de vendre le club qu’il avait conduit dans une impasse financière, son choix de Gérard Lopez en tant que repreneur se révèle plus qu’hasardeux.


 

 

Michel Seydoux, l’ex actionnaire principal du LOSC de février 2004 à janvier 2017, a fustigé dimanche sur RTL le responsable selon lui de la situation critique actuelle du club, Marcelo Bielsa:

« Qui est le responsable de ces déboires ? Est-ce que c’est(Gérard) Lopez (le propriétaire) ou (Marcelo) Bielsa? Lopez a une responsabilité, en faisant une erreur de casting. Bielsa a eu les moyens de changer Luchin et de transformer le club. Bielsa a eu des moyens économiques très importants. Mais une fois qu’il a éliminé les joueurs cadres pour ne garder que des jeunes, il a créé un traumatisme. Bielsa a détruit le club d’une certaine façon. » 

Michel Seydoux est un personnage hautement estimé dans la « famille » du football. A tel point qu’en novembre 2016, au moment d’élire le nouveau président de la LFP, le CA de l’instance avait concocté un stratagème afin de permettre au propriétaire du LOSC (qu’il avait mis en vente) d’occuper le poste.

Puisque Seydoux ne pouvait statutairement être à la fois patron du LOSC et de la LFP, les têtes pensantes du foot pro avaient imaginé nommer un comparse (Raymond Domenech) en intérim, le temps que le club nordiste soit vendu.  Une manoeuvre finalement déjouée par la base de l’assemblée présidentielle: pas de Domenech et donc pas de Seydoux. Et élection de Nathalie Boy de la Tour, après avoir refusé elle même de servir de comparse en intérim du futur ex propriétaire du LOSC.

En novembre 2016, au moment de l’élection à la LFP puis de la vente du LOSC,  le 26 janvier 2017, on ne connaissait pas exactement la situation financière du club. Ce sera chose faite, début mars 2017, pour les comptes arrêtés au 30 juin 2016. Ils sont catastrophiques:

18, 1 M€ de déficit

56,1 M€ de dette financière

38, 5 M€ de déficit structurel d’exploitation

Comment le club en est-il arrivé là ?

Lorsque Michel Seydoux (président du club depuis 2002) devient actionnaire majoritaire du LOSC en février 2004, la situation financière du club est bonne. Arrivé au club en 2002 au poste d’entraîneur, Claude Puel a prolongé le très bon travail de Vahid Halilhodzic. Les résultats sportifs ont suivi:  le club participe à la Ligue des Champions et la Coupe de l’UEFA, Puel fait exceller le LOSC dans la formation et la post formation.

De 2002 à 2008, les comptes sont cinq fois sur six au vert, avec un seul léger déficit en 2004/2005 (- 2 M€). Le dérapage financier commence à s’amorcer en 2010/2011, la saison du doublé Coupe de France Championnat (sous la conduite de Rudi Garcia arrivé en 2008). Inflation de la masse salariale et des primes européennes pour les joueurs, surestimation de 350 % des recettes à venir pour le Grand Stade, la pente fatale.

L’ex futur président de la LFP avait pourtant d’abord coché toutes les cases de la réussite.

Des entraîneurs (Puel, Rudi Garcia) performants.

Des effectifs valorisés favorisant le trading de jou.eurs : de 2002 à 2016,  le LOSC a vendu pour 288 M€ avec un balance positive de transferts de + 160 M€

Une participation régulière en Coupes d’Europe qui a généré 101 M€ de rentrées financières.

Un grand stade.

« Qui est le responsable de ces déboires ?  » demande Michel Seydoux. Marcelo Bielsa ou l’ex propriétaire du club qui l’a vendu dans une situation financière très précaire à un repreneur, Gérard Lopez, dont on savait déjà, trois mois avant la vente du club, qu’il constituait un pari risqué ?