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LE TOUR DE FORCE DE LA BELGIQUE

Dans un cadre dérégulé, parsemé d’affairistes et de requins, fragilisé par les scandales, le football belge parvient tout de même à envoyer deux clubs en quart de finale de la Ligue Europa (Anderlecht et Racing Genk), il brille dans les indicateurs (neuvième à l’indice UEFA, cinquième au classement FIFA) et il est représenté par une dizaine de joueurs clés dans de grands clubs européens.  Explications du phénomène.

Par Denis Boone (@JMPfouff) et Dominique Rousseau


 

Ce vendredi 17 mars, toute la problématique du football belge était exposée dans les gros titres des médias. Lesquels célébraient la qualification en quarts de finale de la Ligue Europa d’Anderlecht et du Racing Genk et annonçaient l’ouverture d’une enquête pour soupçon de match truqué (Courtrai-Mouscron, 0-2, du 12 mars lors de la dernière journée de phase classique). Une sorte de routine pour la Belgique qui alterne depuis plus de cinquante ans les moments d’euphorie footballistique et d’abattement face aux affaires.

SCaptureAnderportivement, c’est actuellement une bonne période dans un pays qui a déjà connu de grands moments avec de 1970 à 1993, treize finales européennes et quatre victoires (Anderlecht 76, 78, Malines 88 en C2 et Anderlecht 83 en C3). Les trois qualifiés en huitièmes de finale de la Ligue Europa (Anderlecht, le RC Genk et La Gantoise), la présence des deux premiers en quarts de finale permettent à la Belgique de faire exploser son meilleur résultat au coefficient UEFA qui était de 10.500 points en 75-76. Il est en ce moment de 12.100 points et le championnat belge (9ème) pourrait passer devant le championnat ukrainien (8ème) dès cette saison (0,633 point d’écart, alors que l’Ukraine n’a plus aucun club engagé en Coupe d’Europe).

Aujourd’hui, Anderlecht (31e) est mieux classé que Monaco (32e), tandis que le Racing Genk (43e), le Club Bruges (52e) et La Gantoise (58e) devancent Bordeaux (70e) et l’OM (75e). Et au classement FIFA, la Belgique est cinquième, devant les deux finalistes de l’Euro, la France (6e) et le Portugal (8e).

Et les joueurs belges brillent cette saison dans les championnats étrangers : E. Hazard et Courtois (Chelsea), Mousa Dembélé, Alderweireld, Vertonghen (Tottenham), De Bruyne (Manchester City), Lukaku (Everton), Carrasco (Atletico Madrid), Nainggolan (Roma), Mertens (Naples), Meunier (Paris SG). Le résultat de la politique de formation mise en place par la Fédération belge après le fiasco de l’Euro 2000 (élimination en phase de poules) plus particulièrement performante à Anderlecht, au Standard, au RC Genk et au Club Bruges.

Au plan financier, les clubs belges ont pourtant de faibles moyens, comparés à la France. Pour cette saison, le budget le plus élevé de D1, celui de la Gantoise, est de 42 M€, ce qui équivaut au neuvième rang de la L1 (Montpellier et Nice). Mais si l’endettement existe, 15  des 16 clubs (excepté le Standard) avaient fait un bénéfice en 2014/2015.

Du travail bien fait c’est l’apanage de plusieurs clubs. Très endettée à la fin des années 90, La Gantoise a totalement réorganisé son fonctionnement pour devenir un bon club post-formateur. La progression et la vente de jeunes jou2250302_w2eurs a ainsi permis de ne plus être endettée dès 2011 sans que les résultats sportifs ne soient mis au second plan (7 fois dans les 4 premiers et une Coupe de Belgique entre 2000 et 2010).

Dans le même temps, un nouveau stade était dans les cartons. La Ghelamco Arena inaugurée en 2013 devait permettre de combler l’écart avec le Big 4 en 5 ans. 2 ont suffi : en 2015, le KAA Gent est champion pour la première fois de son histoire. Six mois plus tard, le club sort qualifié de la phase de groupes de Ligue des Champions, une première en Belgique depuis 2000/2001.

Avec les sommes récupérées, La Gantoise a choisi d’investir dans un premier temps dans les infrastructures d’entraînement des jeunes et pros. Ainsi, bien que les résultats en championnat soient un peu en-dessous des attentes, la gestion est celle attendue pour que le club ne redevienne pas un club du subtop.

 

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Felice Mazzu entraineur de Charleroi (photo Le Soir)

Après 22 entraîneurs en 13 ans et un passage en D2, Charleroi fini par changer de propriétaire fin 2012. Si les premiers mois ont été hésitants (3 entraîneurs consommés), la mise en place du projet 3-6-9 a ramené le club dans la première partie de tableau. Sur le banc depuis 2013, Felice Mazzu a même permis au Mambourg de retrouver le parfum de la Coupe d’Europe, à l’occasion des 2ème et 3ème tours préliminaires de Ligue Europa à l’été 2015 et vient de terminer la saison régulière à une excellente 6ème place.

Charleroi est en avance sur son projet selon son administrateur : « sur le plan comptable, le club est parvenu à atteindre dans les trois ans l’objectif qu’il s’était fixé d’atteindre en six ans ». Régulièrement déficitaire par le passé, le club reste sur trois exercices positifs consécutifs.  Le modèle gantois est apprécié : « on doit devenir un club comme Gand à moyen ou long terme ». L’appréciation est réciproque, puisque Gand vient faire son mercato à Charleroi (4 arrivées lors des deux derniers mercatos estivaux).

Promu en 2005, Zulte Waregem n’est jamais descendu. À sa tête, Francky Dury y accomplit un travail extraordinaire depuis 25 ans avec une place de vice-champion (2013), une Coupe de Belgique (2006), deux finales (2014, et une à jouer en mars 2017) et 22 matchs européens. En raison d’un budget limité (13M€, trois fois plus qu’il y a dix ans), il n’est pas rare de voir Zulte faire son marché dans les équipes réserves, notamment au LOSC (8 arrivées depuis 2009), ou en Ligue 2. Le recrutement se fait à moindre coût (2,5M€ dépensés sur les cinq dernières saisons), ce qui ne l’empêche pas de participer régulièrement aux play-offs en compagnie des meilleurs clubs (5 participations en 8 éditions) et de proposer un football chatoyant.Les infrastructures sont en développement : le stade a récemment été rénové et agrandi à 14 000 places, tandis que la formation essaie d’exister dans l’ombre des grands clubs.

Promu en 2013 avec un budget riquiqui (autour de 4M€), Ostende n’avait que très peu de chances de maintien. C’est alors que Marc Coucke, supporter du KVO et surtout milliardaire, a racheté le club avec la volonté d’aller jouer le haut de tableau. Trois saisons plus tard, le KVO talonne le Standard de Liège au niveau du budget, vise une qualification européenne en mai et s’apprête à dispute sa première finale de Coupe. Le club a donc forcément un côté artificiel pour le moment, d’autant que les sommes engagées peuvent paraître « faibles » pour un milliardaire.

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Marc Coucke

Coucke assume le côté irrationnel et les pertes financières du club lors des trois exercices comptables (environ 14M€ depuis sa prise de fonction). Néanmoins, le club peut désormais compter sur l’excellent travail effectué en équipe première pour récupérer de l’argent via la vente de joueurs. Ainsi, Jordan Lukaku est parti à la Lazio pour 5M€. Le KVO devrait donc enregistrer son premier exercice bénéficiaire.  Dans le même temps, le stade a été rénové et légèrement agrandi (8500 places).

Coucke a également été actionnaire à 5% du LOSC de 2014 jusqu’au rachat par Gérard Lopez. Les liens entre le KVO et Lille ont permis au club français de recruter Nicolas de Préville, prêté avec option d’achat obligatoire par le club belge, contournant ainsi l’interdiction de la DNCG. Aucun autre club belge n’aurait évidemment été capable de dépenser l’équivalent de 25% de son budget sur un seul joueur, même avec l’assurance de retrouver son argent quelques mois plus tard.

Excellent club formateur (De Bruyne, Courtois, Vossen, Defour, Origi, Carrasco, …), Genk possède également une formidable cellule de recrutement, dont le chef a rejoint Manchester United il y a quelques mois. On peut ainsi citer les transferts réussis de Koulibaly (Napoli), Milinkovic (Lazio), Kabasele (Watford), Ndidi (Leicester) ou Bailey (Leverkusen), sans oublier les excellents joueurs actuellement au club (Pozuelo, Berge, Karelis, Malinovsky, …), amenés par l’excellent directeur sportif Dimitri de Condé.

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Le RC Genk en quart de finale de la Ligue Europa

Sportivement, il manquait un entraîneur capable de proposer un jeu plus ambitieux.  C’est chose faite depuis décembre et l’arrivée de Stuivenberg, ancien adjoint de Van Gaal. Les performances en Ligue Europa avaient toutefois été bonnes, puisque le club a facilement terminé premier de son groupe. Sur ce point, Stuivenberg poursuit les bonnes prestations.

Le Racing Genk a la particularité d’être une association sans but lucratif (ASBL). Il y joue un rôle social important dans une ville autrefois minière qui a vu en 2014 l’usine Ford fermer ses portes. L’annonce avait été faite en octobre 2012, un mois avant que le club ne présente un bénéfice record (28M€) en raison d’une participation à la Ligue des Champions et des ventes de De Bruyne et Courtois lors de la saison 2011-2012. Les dirigeants, voulant montrer leur soutien envers les personnes touchées par cette crise économique et sociale, avaient alors décider de réduire le coût des abonnements : -30%, et même -50% s’il y avait au moins 20 000 abonnés.Le club est propriétaire du stade, ce qui lui permet de récupérer la totalité des revenus générés. Il présente un endettement très faible (moins de 600 000 € de dettes financières au 30 juin 2016).

Champion d’Europe en 1988, Malines a fait faillite au début des années 2000. Reparti de D3 avec l’aide des supporters (qui ont aujourd’hui encore un tiers des parts), le Kavé est présent en D1 pour la 10ème saison consécutive.                                

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Le stade rénové de Malines source: http://www.kvmechelen.be/

Sans saison époustouflante, la qualité des joueurs récemment passés par le club a néanmoins permis au club de passer un cap, comme en témoigne cette saison 2016-2017 : Malines vient d’échouer aux portes des PO1, en perdant sa place dans le top 6 lors de la dernière journée.

Ainsi, Anderlecht (Obradovic, Hanni) et le Standard (Cissé, Kosanovic) ont fait une partie de leur mercato chez les Malinois. Le Standard en a même profité pour aller chiper l’entraîneur et le directeur sportif.

Le club profite donc de ces revenus pour améliorer ses infrastructures (le stade vient de passer de 13 000 à 17 500 places). Le droit de regard des supporters sur les comptes ralentit sans doute dans certaines situations le développement du club mais assure une gestion saine : Malines n’a pas besoin de vendre pour faire des bénéfices (1,3M€ avant transferts en 2015-2016, pour un chiffre d’affaires est de 18,2M€).

 

Racheté par le Qatar en 2012, Eupen a retrouvé la D1 cette saison. Si le projet global est très contestable, son application locale est une réussite. L’équipe a ainsi une forte identité de jeu fortement inspirée du football espagnol qu’elle n’a jamais renié au cours de la saison, quel que fut le résultat final.

Aspire n’hésite pas à investir dans les structures d’entraînement, aussi bien pour les adultes que pour les jeunes. Par conséquent, le club possède désormais de nombreuses équipes de jeunes de haut niveau et implique aussi bien les joueurs Aspire (venus majoritairement d’Afrique) que des jeunes Belges.

Du bon travail dans un pays où le football ne se porte pourtant pas bien, avec un nombre important de clubs disparus : RWDM Brussels FC, Daring Club Bruxelles, K Beerschot VAC, Société royale Union Verviers, RAEC Mons, KSK Beveren, Royal Football Club Seraing, Royal Excelsior Mouscron.

Un football belge qui a connu et connait de nombreuses affaires. La célèbre séquence télé dans Cash Investigation de France 2 qui voit Luciano D’Onofrio détaler pour ne pas répondre aux questions est emblématique.

CaptureCash

Officiellement ex-agent, ancien vice-président du Standard de Liège, Luciano D’Onofrio a développé un business aux marges extrêmes de la légalité, les franchissant souvent, voir l’excellente enquête de Thomas Bricmont et David Leloup pour Sport/Foot Magazine .

Dans la catégorie agent sulfureux, il  y a aussi en Belgique Pini Zahavi, qui a été, en juin 2015, le repreneur de Royal Mouscron-Péruwelz via  Gol Football Malta LTD un fond d’investissement maltais.

Ne pouvant, en tant qu’agent, être propriétaire du club, Pini Zahavi a effectué un tour de passe-passe en février 2016. Vendre le club pour 10€ à Latimer, une autre société maltaise, propriété de son neveu, Adar, devenu membre du comité directeur, tout comme Gil, un autre membre de sa famille. Pini Zahavi est spécialiste de ce genre de manœuvre, voir l’enquête de Football Leaks sur l’affaire Christian Manea, faux joueurs de Chelsea prêté à Mouscron.

En avril 2016, le club de Oud-Heverlee Louvain (OHL) , relégué en L2 belge, avait porté réclamation contre le Royal Mouscron-Péruwelz, afin d’obtenir sa radiation et de ce fait rester en Jupiter League. OHL exprimait alors un juste courroux : « Mais personne n’est dupe et certainement pas nous. Le RMP est aux mains d’agents de joueurs déguisés en dirigeants de club. Il viole donc sciemment le règlement de l’Union Belge mais aussi celui deCaptureMalt la FIFA, et en particulier l’interdiction de recourir au Third Party Ownership. Il n’est en réalité qu’un magasin de joueurs mis en vitrine en championnat de Belgique »

Sauf que Jimmy Houtput, le président de Oud-Heverlee Louvain, le club pourfendeur du TPO, s’est fait piéger en septembre dernier par les journalistes du Telegraph, qui ont enregistré une conversation téléphonique entre Houtput et un faux investisseur, à qui il propose de faciliter une opération de TPO ! De ce fait démission du président en septembre 2016, et Oud-Heverlee Louvain est actuellement en négociations de reprise avec Jiang Lizhang, qui possède le club espagnol de Grenade et également 46 % de Media Base Sport, la société d’agents de Père Guardiola.

Des multipropriétaires, le foot belge en connait d’autres. Il y a Bernard Serin, qui détient à la fois le FC Metz et RFC Seraing, avec des connexions (D’Onofrio, Jorge Mendes, Doyen Sport) décryptées par Ultimo Diez

Et deux autres aussi,  dont le CV footballistique est pour le moins matière polémique. A commencer par Roland Duchâtelet, honni par les supporters du Standard (2011-2015) et de Charlton, dont il est l’actuel propriétaire, ces derniers allant même manifester leur volonté de voir quitter le club anglais jusqu’ à Saint Trond où Duchâtelet est propriétaire du club local, K Saint-Trond VV.

Vincent Tan, le propriétaire du KV Courtrai, est lui honni dans un autre club qu’il possède, Cardiff City. Et son club est donc concerné par une enquête pour soupçon de match truqué contre Mouscron. Ce dernier club, sous l’influence de Pini Zahavi, est, en Wallonie, régulièrement attaqué par ses rivaux flamands. A tort ou à raison, cela fait également partie de l’environnement compliqué du football belge.

CapturePrte

source RTBF

Dans le genre personnage controversé dans le football belge, il y a aussi Maged Samy, le propriétaire égyptien du Lierse (D2). A son arrivée en 2007, il avait promis la Ligue des Champions. Après quelques années, les supporters se sont plaints que le club soit dans le bas de tableau de D1. Samy a alors menacé de remplacer le lo
go du club par un chameau. Il est également propriétaire d’un club en D3 et d’un autre en D1 égyptienne (Wadi Degla), ce qui a donné des situations incroyables : lorsque le championnat égyptien a été arrêté suite au drame de Port-Said, Samy avait transféré tous les joueurs de Wadi Degla en Belgique. Les 6 meilleurs au Lierse, les autres en D3…

Le football belge est déjà un réservoir perpétuel d’histoires et la mondialisation est prétexte à de nouveaux épisodes. En pleine course pour la montée en D1, le Lierse a vendu en février dernier son meilleur joueur, Ayub Masika, au club chinois de Beijing Renhe FC.  Or ce club  appartient en effet au frère de Xiu Li Hawken, la co-propriétaire de Roulers. Et la vente a eu lieu juste avant le match de la journée de la phase classique entre le Lierse et Roulers. D’où la fureur légitime de supporters du Lierse.

Un club de nouveau sur le devant de la scène en raison du règlement obscur des championnats.  Finalement la Lierse a terminé la phase classique de la D2 en tête, mais du fait d’un système de play off incompréhensible, il ne pourra monter en D1. Victime collatérale de l’affaire,   l’entraineur de Lierse, Eriv Van Meir,  viré pour mauvais résultats alors qu’il a fini premier avec cinq points d’avance!

Est-ce une manière indirecte de constituer une D1 quasi fermée ? Face aux difficultés financières récurrentes des clubs de D2 (cf Mons  7ème  de D1 en 2013, dernier en 2014, faillite en 2015 au terme de la 1ère saison en D2) l’Union Belge a réduit drastiquement en 2016 le nombre de clubs de 18 à 8. Des clubs qui, en état de grande précarCaptureJUPETité, ont été contraints de vendre de manière précipitée à des repreneurs étrangers, en acceptant des offres parfois farfelues. Cette saison, des clubs de D2 belge sont sous propriété étrangère:  RU Saint Gilloise  (Jurgen Baatzch), Lierse (Maged Samy, Egypte) Roulers (Xiu Li Hawken, Chine) Tubize (Chankoo Shim, Corée du Sud) tandis que le Cercle de Bruges est en négociations de reprise par Monaco et OHL Louvain avec Jiang Li Zhang, chinois et déjà propriétaire de Grenade (Espagne).

Le football belge est aussi celui de la déréglementation. Dans le football belge il n’y a pas de limite de joueurs extra-communautaires et le pourcentage de joueurs étrangers était en 2016,  un des plus élevés en Europe: 59, 4 % au deuxième rang derrière l’Angleterre (66, 4 %) selon une étude de l’Observatoire CIES du football. La seule contrainte concerne le nombre de joueurs formés ou post-formés en Belgique (3 saisons dans un club professionnel belge avant les 23 ans) : il en faut au minimum 6 sur les 18 noms qui composent une feuille de match.

Le tout compose un cadre avec beaucoup de handicaps mais le constat est là: de bons résultats sportifs, une tradition de clubs méritants et performants, une élite en bonne santé : c’est le tour de force de la Belgique.

Merci à Diablesse Rouge alias @LisaDumont2 et @BartVdVK pour leurs avis et conseils.